lundi 27 mai 2013

A propos de nos processus de décision



"Apprenez à reconnaître vos biais cognitifs" 

          d'aprés Daniel Kahnemann, Prix Nobel d'économie en 2002

  1. La loi des petits nombres ou une généralisation trop hâtive à partir de données insuffisantes et non assez validées (ex : prendre une valeur et conclure)
  2. La régression vers la moyenne ou focaliser sur une courte pèriode (ex : un fait constaté suppose qu'il va se reproduire de façon automatique)
  3. La négligence du taux de base ou ce qui est rare n'est pas le plus probable (ex : oublier la fréquence du phénomène au profit de sa valeur instantanée)
  4. La disponibilité en mémoire ou prendre un évènement récent pour un évènement fréquent (ex : suite à accident d'avion, surestimer la probablité d'occurence du suivant)
  5. L'ancrage ou fixer vos propres bases dans une négociation (ex : démarrer trop bas est irratrapable)
  6. La confirmation ou un résultat conforme à ses croyances (ex : chercher des données qui confortent les vôtres au détriment des points contraires)
  7. L'aversion pour la perte ou la peur de perdre aggrave vos pertes (ex : conserver une valeur "sûre" dans son portefeuille d'action)
  8. Le cadrage ou l'énoncé d'une question influence votre réponse (ex : un questionnaire "orienté", une attitude présupposée)
  9. La représentativité ou "heuristique" de représentation, privilégier les stéréotypes (ex : mettre les personnes dans des cases, "Paul est réservé, il doit être bibliothècaire", ultracourant en France)
Pour terminer, notre cerveau nous trompe, il induit parfois des décisions illogiques. Il est nécessaire de s'en méfier et d'adopter une démarche scientifique faite de solides observations validées avant de conclure. 

lundi 1 octobre 2012

Réflexions thématiques 13 : Amour & Ordre

"Sans amour pas d'avenir, sans ordre pas de présent"

Ici on entend par amour, l'amour du prochain au sens large, qui peut être simplement de le respecter, de lui porter de l'intérêt, de le comprendre, de reconnaître son existence, de l'admettre...

Pour ordre, nous voulons exprimer le fait que toute vie, à fortiori toute Organisation ne peut survivre sans un minimum d'ordre, de structuration, de hiérarchie dans les buts, les fonctions et les décisions associées.

Amour et ordre, l'un ne va pas sans l'autre, c'est une allégation qui peut être perçue comme une profession de foi à priori, en fait c'est le produit de l'action entreprise et des résultats obtenus que nous avons souvent vérifié tant dans la vie professionnelle que dans la sphère privée.

lundi 28 mai 2012

Réflexions thématiques 12 : la pédagogie de l'échec !

"Des chercheurs en psychologie de Poitiers montrent que pour faire progresser les élèves, mieux vaut considérer l'échec comme normal et savoir s'en servir".

De Linarès, J. (2012), Ecole : "Vous avez le droit d'échouer !"
Le Nouvel Observateur, 3 mai, n° 2478


Cet article est "rafraichissant" car il bat en brèche un tabou français qui considère l'échec comme paria. En fait, il n'est que le côté face de la médaille pile réussite. Il faut donc chuter pour mieux se relever, cela semble tellement évident car si l'on ne surfe que sur la réussite, on ne se perfectionne pas !

Au delà de l'école dans une carrière professionnelle on appelle celà le REX comme retour d'expérience, il est certes basé sur ce qui a déclenché des difficultés, des incidents voire des accidents. Par extension positive, il est devenu la capitalisation des bonnes pratiques.

Mais la vraie difficulté est dans la tolérance du management face à l'echec.
Ce n'est plus alors l'intelligence rationnelle qui juge mais l'intelligence du coeur qui comprend !

Bordeaux, un jour de printemps où il fait beau !!

lundi 3 octobre 2011

A propos d'addiction au numérique !

Le "numérique" moderne quel qu'il soit (écrans avec ou sans boutons) dévorent nos neurones et particulièrement celui de nos enfants !!
C'est une addiction d'origine économique qui les "tue" et contre le quel on ne peut rien faire en terme d'interdiction totale, donc il faut gérer.
Cet article en dessous en montre l'émergence scientifique, ce que les USA appelle la "digital intelligence".
Bon courage à nous, parents "démunis" !!
Bien cordialement

Les nouvelles technologies mettent le cerveau dans une situation permanente de multitâche pour laquelle il n'est pas conçu.

Par Jean-Philippe Lachaux, directeur de recherche, Centre de recherche en neurosciences de Lyon*

Toujours à portée de main, nos iPhone, BlackBerry et autres smartphones détournent régulièrement notre attention du moment présent pour la plonger dans un monde d'informations abstraites. Comment notre cerveau réagit-il? Les découvertes récentes des neurosciences nous aident à mieux comprendre l'attraction qu'exercent ces appareils et ses conséquences.

Le besoin compulsif d'utiliser son smartphone est alimenté par un petit groupe de structures cérébrales formant le «circuit de récompense» du cerveau. Ce circuit joue un rôle central dans la motivation et le plaisir et dans les phénomènes d'addiction. Les neurones constitutifs de ce circuit de la récompense réagissent dès que se profile une récompense, d'où son nom, pour encourager les actions susceptibles de l'obtenir: boire quand nous avons soif, par exemple. Une étude récente réalisée chez le singe a montré que certains neurones réagissent aussi à la perspective d'une information importante, comme le sont pour nous celles véhiculées par les mails et les SMS. L'action consistant à aller chercher une information potentiellement importante est donc très direc­tement encouragée par ce circuit. Le cerveau a littéralement «soif» d'information, au point de causer parfois un phénomène d'addiction.

Nous ne savons pas encore si l'utilisation des smartphones a des effets durables sur l'organisation fonctionnelle du cerveau - l'apparition de zones dédiées à leur usage par exemple. En revanche, il est clair que ces nouvelles technologies mettent le cerveau dans une situation permanente de multitâche pour laquelle il n'est pas forcément conçu. La façon dont nous utilisons notre cerveau et notre attention est en train de changer.

Une hiérarchie des priorités

Le cerveau possède la capacité remarquable d'adapter spontanément ses priorités en fonction du contexte dans lequel il se trouve. Je pense à nager en voyant la piscine devant moi, plus spontanément qu'au cours d'une réunion de travail au bureau. Chaque contexte active donc spontanément certaines propositions d'actions et l'attention suit: de nombreuses expériences montrent que ce que nous percevons du monde qui nous entoure dépend à chaque moment de ce que nous avons à y faire.

Les technologies mobiles de type smartphone juxtaposent dans un même espace plusieurs contextes: au bord de la piscine, je «suis» en quelque sorte également au travail face à mon collègue, avec un ami me montrant ses photos de vacances ou au cinéma devant un film. De nombreux objectifs nécessitant notre attention sont, dès lors, accessibles. Mais l'attention s'y perd; elle ne sait plus quoi privilégier. Le cerveau doit donc «apprendre» à définir une hiérarchie dans ses priorités, auparavant imposée par le contexte unique dans lequel nous nous trouvions à chaque moment. Au bord de la piscine, nous ne pensions pas (ou presque) à notre collègue de bureau…

Par ailleurs, l'attention a aussi tendance à effacer de notre univers perceptif tout ce qui n'est pas pertinent par rapport à la petite liste de choses à faire que nous gardons en permanence en tête, consciemment ou non. Cet effet de sélection conduit à un appauvrissement de notre expérience sensorielle, pour la concentrer sur ce qui nous semble pertinent a priori: le texte que je suis en train de lire. Les expériences sensorielles les plus complètes surgissent donc à des moments «en creux» de l'existence pendant lesquels nous ne sommes pas occupés à accomplir quelque chose. Ces moments sont des phases d'écoute et de réceptivité accrue à ce qui nous entoure, ou à ce que nous ressentons. En nous plaçant continûment dans un contexte favorable à l'action, les smartphones ont tendance à éliminer ces «blancs».

Du bon usage de l'attention

Mais comme souvent, ce n'est pas tant la technologie qui doit être mise en cause que l'usage que nous en faisons. Les smartphones sont devenus une composante essentielle de l'organisation de notre vie familiale, sociale et professionnelle. Apprenons donc à les utiliser, au-delà de la simple notice technique. Soyons conscients de la charge qu'ils font peser sur nos capacités attentionnelles. Les développements récents des neurosciences cognitives permettent maintenant d'envisa­ger de véritables programmes d'éducation de l'attention, renseignant sur ses limites et son bon usage. Dans cet univers de multitâche permanent, ce bon usage ne va plus de soi et il est peut-être temps d'envisager une véritable éducation de l'attention, notamment en milieu scolaire, qui prépare dès l'enfance à la vie connectée.

* Auteur de «Le Cerveau attentif: contrôle, maîtrise et lâcher-prise», Odile Jacob, 2011.www.lecerveauattentif.fr

mardi 18 janvier 2011

Réflexions thématiques 11 : La clôture des dossiers en management

Il est trés agréable de créer un projet, une affaire, un dossier.
Tous les acteurs concernés y travaillent avec ardeur et enthousiasme.
Et c'est dans l'ordre des choses de mettre beaucoup d'énergie au début, pour faire décoller l'avion.
Mais ce dernier doit aussi se poser. A savoir le nouveau dossier aura une fin, un jour. Certes cette fin est prévu dans les savants calculs d'investissement.
Mais les latins que nous sommes ne sont pas passionnés par ce qui s'achève.
Alors les dossiers restent en suspens !!
Et tout le monde attend, que doit-on en faire ? La suite prévue est-elle en route ?
Cela induit un "laissez-aller" préjudiciable, du reste le terme de "laissez-aller" était cité, en français dans le texte, comme une méthode de management dans les ouvrages anglo-saxons des années soixante !
Pour conclure la volonté du manager de clôturer tous les dossiers est une pédagogie de l'ordre salutaire pour tous et qui fait tâche d'huile. Ordre et rigueur qui entraineront une productivité accrue.

Les entretiens de Bordeaux édition n°1 janvier 2011

lundi 26 juillet 2010

A propos de : coup de foudre ou choc émotionnel

Si le phénomène est bien connu dans le domaine amoureux ou affectif, existe-il dans d’autres domaines ? Il semble que oui, en tous cas pour ce qui me concerne, témoignages :

Pour la musique classique à l’age de 14 ans :
Une fête foraine comme il en existait dans les années 1960, je rentre dans un stand et là, choc en entendant Tchaïkovski, concerto n°1 pour piano et orchestre.
Jamais je n’ai oublié, il est aujourd’hui ma sonnerie de téléphone mobile et, contrairement aux précédentes sonneries stridentes, je ne suis jamais pressé de décrocher.

Pour l’architecture Renaissance à l’âge de 23 ans :
Un voyage en Italie à Pise, au détour d’une rue, coup sur la tête, le Baptistère, des marbres de différentes couleurs, ils ont fanés aujourd’hui.
Une grande passion pour ces chefs d’œuvre d’harmonie !!

Pour le vin de …Bordeaux à l’âge de 30 ans :
Au cours d’une invitation à un dîner privé, mon hôte ouvre une bouteille de Château Latour dont j’ai oublié l’année, coup de foudre gustatif, est-ce possible qu’un tel nectar et son festival de saveurs existent ??
Oubli ensuite car dans ma carrière professionnelle on buvait surtout des vins de Touraine et des Beaujolais mais en 1997 ma vie amoureuse me conduit à me fixer à Bordeaux … retour au vin, j’ai appris à en parcourir les octaves au point que l’oenologie pourrait être mon futur domaine d’étude !!

Pour les Porsche 911 à l’âge de 44 ans :
La voiture de sport par excellence qui se comporte comme un bronco mais j’ai déjà parlé de cette passion qui perdure !!

Pour … le prochain choc émotionnel, vive la vie …

mercredi 24 mars 2010

Réflexions thématiques 10 : Le Management et les rythmes du temps

EPHEMERE vs PERMANENT :

Le Manager est éphémère car il passe d’un dossier à l’autre. Il est payé pour cela, il décide et suit ou fait suivre la réalisation qu’il contrôle.

L’Opération est permanente par sa taille, son quotidien de microdécisions et de temps passé à faire la même chose. Les opérateurs ont le temps de « démonter » les décisions du manager qui doit donc les impliquer étroitement avant de décider.

Les INVARIANTS du TEMPS

Un Dirigeant travaille à 6- 12 mois, un Manager à 3- 6 mois.
Un Chef d’équipe travaille à 7-21 jours, un Opérateur travaille à 1-7 jours.
Pour contrôler le travail demandé 2 semaines semble judicieux.

3 mois est un nombre d’or pour une Organisation car :
. C’est le temps de résoudre les questions de : personnel, technique, administrative ou même d’avancement de projet
. C’est aussi un rythme naturel, saison, cycles de repos (vacances…)

Enfin 3 à 5 ans sont des cycles d’amortissement de progrès y compris dans le domaine de la sécurité au delà desquels il est nécessaire de « relancer la machine » car la routine reprend inexorablement le dessus